Notre soleil a eu une bouffée de chaleur importante entre février et avril 2023. Il faut remonter à 1960 pour observer de telles valeurs d’éclairement. Depuis mai, les valeurs sont retombées au niveau de l’année 2022. Nous sommes proches du maximum du cycle solaire 25. Mais peut-être pas exactement au sommet.
La communauté Internet s’est émue de voir les océans tropicaux atteindre leur valeur maximum de température ces derniers mois. Une hausse de 0,3 °C inhabituelle par rapport aux années précédentes. Notons que nous observons cette hausse uniquement au niveau des tropiques. Elle est totalement absente au-dessus de 60 N. Il est probable que le retour d’El Niño joue aussi un petit rôle.
Si le soleil en reste là, dans ses bouffées de chaleur, ce sera juste un petit coup de chauffe pour la piscine atlantique tropicale et le Pacifique. Si le soleil repart à la hausse, nous aurons aussi un coup de chaud. Un déplacement de l’anticyclone à prévoir. C’est sans conséquence sur l’Europe qui, par l’imperméabilisation de ses sols, crée elle-même sa hausse des températures, et sa sécheresse, comme nous observons depuis 20 ans. À nos latitudes, l’océan Atlantique est peu affecté. Il en va différemment pour les pays tropicaux.
À quelle vitesse montent les océans ? Les alarmistes veulent nous ensevelir sous des mètres d’eau issus de la fonte des glaces. Le niveau des océans refuse obstinément de monter de plus de 3 mm par an, comme nous l’observons depuis 100 ans.
Le Giec dans son dernier rapport reconnaît que le niveau des océans n’a monté que de 2,6 mm/an. Mais sans aucun justificatif, il prédit un doublement soit une augmentation de 5 mm/an dans les 25 prochaines années. L’alarmisme est de rigueur.
Les valeurs satellites nous donnent une augmentation du niveau des mers de 2,73 mm/an depuis 1992. La dilatation de l’eau explique à elle seule le phénomène. Il n’y a pas de place pour d’autres acteurs. En partant du coefficient de dilatation de l’eau (2,6 10-4 °C -1), nous arrivons à une dilatation de 2,6 mm/an soit 16 cm depuis 60 ans (0,6 °C d’augmentation de température sur 1 km de profondeur).
La fonte de la banquise n’a jamais fait monter le niveau des mers. 10 % seulement de la glace dépasse le niveau de l’eau, 90 % sont immergés sous le niveau de l’eau ; la densité de la glace est de 0,9. Donc le niveau de l’eau reste inchangé, lors de la fonte. J’ai fait reproduire l’expérience à mes petits-enfants : la fonte de glaçons dans un verre n’augmente pas le niveau de l’eau. À part faire la une des journaux, peu versés dans la physique, la fonte des banquises, leur extension ou leur rétraction n’a aucune conséquence sur le niveau des mers. Le pôle Nord est constitué uniquement de banquise. Sa contribution au niveau des mers est donc nulle.
Pour les glaciers, c’est plus complexe, leur température stable n’entraîne pas de fonte excessive. Groenland et Antarctique ont peu augmenté leurs températures depuis 60 ans.
On ne voit pas quel facteur peut contribuer à doubler la dilatation des mers et la hausse de leur température en si peu de temps. Il faudrait des énergies considérables. Quant à faire fondre la glace du Groenland, 20 000 ans sont nécessaires, avec l’échauffement actuel. Nous avons le temps de voir venir.
De retour de l’Antarctique, je reviens impressionné par la quantité de glace posée sur la calotte glaciaire : des milliers de glaciers étendus sur une zone de 4 000 km de large, de 4 000 km de long et sur une épaisseur de 4 km. Je n’ai parcouru qu’un douzième de la circonférence. Nous voyons les strates de 50 années de précipitations de neige. Il faudra des milliers d’années et une énergie considérable pour faire fondre le pôle Sud (333 KJ/kg de glace). Une énergie sans commune mesure avec celle nécessaire pour faire fondre la banquise. Pour transformer en eau les milliers de glaciers de l’Antarctique, l’énergie nécessaire représente 200 000 ans du réchauffement actuel créé par le CO2. Aucun humain ne verra la fonte d’un millième des glaciers du pôle Sud, dans les cent prochaines années. À noter que la perte annuelle de masse de glace de l’Antarctique représente 1/200 000 de sa masse. Il faudra donc des dizaines de milliers d’années, avant que la Terre soit submergée par la fonte de ces glaciers.
Rapportée au volume des océans, cette fonte contribue à une hausse de 0,6 mm par an. D’autres facteurs (humidité atmosphérique, fluctuations des fonds sous-marins, dilatation des océans) noient dans le bruit de fond cet apport ; la hausse annuelle totale mesurée des océans n’a pas augmenté depuis 100 ans de plus de 3 mm/an ; elle est d’une stabilité étonnante : elle ne bouge pas de plus d’un millionième de sa hauteur chaque année ! Il faut comparer ces fluctuations aux variations journalières, hebdomadaires. Les pluies créent des fluctuations hebdomadaires de 15 mm du niveau des mers. Les vents de plusieurs mètres.
L’Antarctique est donc un facteur d’inertie et de stabilité étonnant de la température du globe.
L’activité solaire est particulièrement forte depuis mi-janvier. Il n’en fallait pas plus pour déstabiliser le vortex polaire (une zone de faible pression tourbillonnaire crée chaque hiver par la nuit polaire et la force de Coriolis au-dessus du pôle Nord). Dans ce cas précis, personne ne pouvait prévoir cet épisode, et personne ne l’a vu arriver.
Le satellite TSIS n’a pas pu enregistrer les données de l’éclairement solaire du 7 janvier au 16 janvier. Mais celles à compter du 17 janvier sont particulièrement faibles : 1 W/m2 en dessous des niveaux antérieurs. La contraction de l’éclairement solaire a donné une pichenette sur le haut de la toupie que constitue le vortex polaire, entraînant une rupture d’équilibre. Le vortex sorti de son axe a faibli. L’air plus chaud de la stratosphère l’a comblé en partie. L’air froid qu’il contenait en bas est descendu sur la France et sur la Chine, entraînant une vague de froid (— 15 °C à Beijing actuellement).
Des éruptions solaires de classe X à partir du 6 janvier, les 6, 9, 10 janvier (mesurées par Goes 18 dans la bande rayons X). L’électronique du satellite TSIS a été perturbée et dans l’impossibilité de donner les mesures de l’éclairement solaire, à ces dates.
Nous revivons exactement le même épisode que fin novembre 2020. La pichenette représente un quart de l’énergie mondiale consommée ! C’était une grosse pichenette.
Oui, publient les Nations unies et reprennent en cœur tous les médias. La reconstitution de la couche d’ozone est en bonne voie. Les modèles mathématiques prédisent qu’en 2060 la barrière protectrice sera complètement rétablie.
En attendant, les mesures et observations de la NASA d’aujourd’hui disent qu’elle ne se reconstitue pas ! Difficile à comprendre ce rapport des Nations unies, la NASA publie exactement le contraire dans ses données mensuelles (https://ozonewatch.gsfc.nasa.gov/monthly/monthly_2022-10_SH.html) : le retour du trou dans la couche d’ozone au pôle Sud, ces 3 dernières années. Elle mesure des valeurs inférieures à 220 Dobson units, la définition du trou. Pour la première fois, en 2020, nous avons même observé un trou au pôle Nord.
Les HFC en sont les principaux responsables. Venus en substitution des CFC, interdits en 1990, ils sont bien pires. Ils ont une durée de vie de 12 500 ans et un pouvoir de réchauffement 228 fois supérieur au CO2. Si les nations unies ont œuvré sur le retrait des CFC (accord de Montréal en 1990) , les actions sur les HFC restent timides.
Depuis 56 ans, jamais la couverture neigeuse de l’hémisphère nord n’a jamais été aussi importante à cette époque de l’année. Elle dépasse les 40 millions de kilomètres carrés. Au-dessus des maximums enregistrés depuis 1967. C’est le Rutgers Global Snow Laboratory qui le publie. Pourquoi une telle extension ? La température de l’air à 2 m au-dessus du sol est de 10 °C à 20 °C sous les normales saisonnières. Il fait – 30°C, la nuit. Des océans locaux 1 à 2 °C plus chauds ont apporté une belle humidité. Il n’en suffisait pas plus pour réussir ce beau manteau.
Nous avons une belle dépression centrée sur le pôle. Pour l’instant, l’air froid est contenu par le jet-stream. Espérons que le père Noël ne sera pas bloqué. À suivre.
Les satellites de la NOAA nous renseignent sur les causes. Distinguons deux cas : la planète et l’Europe.
La Terre au niveau du sol a deux possibilités de refroidissement : l’océan, et l’atmosphère. Les deux n’ont pas la même inertie.
Si la température de l’atmosphère a augmenté de 0,9 °C de manière continue de 1960 à 2022, les océans ont emprunté un chemin différent. Ils ont décrit un parcours en V de 1 °C d’amplitude avec un minimum en 1988. La baisse de l’évaporation atmosphérique a accompagné la chute de la température des mers les plus influentes, jusqu’en 1990. S’en est suivi une diminution de l’humidité de l’atmosphère à haute altitude et une réduction des précipitations et de l’évaporation.
À partir de 1990, la tendance s’est inversée. L’océan s’est réchauffé ; l’atmosphère s’est légèrement dilatée et réchauffée en altitude. Les précipitations qui avaient baissé jusqu’en 1985 remontent à la valeur observée en 1960, entraînant un dessèchement plus important en altitude. L’humidité relative de l’air diminue au niveau du sol de 2 % par rapport à 1960 ; elle s’effondre de 12 % à 3000 m et de 7 % 5000 m. La planète s’assèche encore plus à haute altitude. Le déboisement, l’artificialisation des sols contribuent à freiner l’évapotranspiration.
Nous constatons une relation entre le retour de la vapeur d’eau et l’arrivée marquée de plusieurs épisodes El Niño/la Nina à partir de 1997. L’ensemble du Pacifique subit des oscillations de température plus chaotiques. La chaleur solaire qui s’évacue difficilement par évaporation lorsque le Pacifique est plus froid est transférée vers des latitudes plus élevées, créant localement une hausse de la température. Le niveau des précipitations augmente fortement au niveau de l’équateur depuis 2000.
Le cycle de l’eau essaie de contrer le réchauffement. Non seulement il n’a pas amplifié la hausse de température de l’air durant les 60 dernières années, mais il l’a atténuée, d’abord grâce à l’océan, ensuite par le refroidissement dû à l’évaporation. L’homme perturbe ce cycle au sol en accélérant le retour des pluies vers la mer, par des détournements maladroits (imperméabilisation des sols, déboisements massifs, jachères imposées, bétonisation des villes et des zones industrielles…). Brésil, Pakistan, Europe, Chine y contribuent. Ils bloquent l’évapotranspiration.
Notre planète s’assèche en altitude et localement au-dessus de certaines régions alors que beaucoup pensent que l’humidité augmente avec la température de l’air, sans tenir compte de l’évapotranspiration des sols et des océans.
À suivre prochain article : la sécheresse en France et en Europe
Pourquoi la température de la France a-t-elle monté brutalement à compter de 1990 beaucoup plus rapidement que la moyenne planétaire ? Que s’est-il passé au point d’entraîner un tel bouleversement ?
L’obligation de mettre en jachère des terres agricoles semble être une des principales causes. La diminution conséquente de l’évapotranspiration peut effectivement expliquer une telle hausse de température. La mise en jachère de 10 % des terres agricoles en Europe de 1990 à 2008 a été une mauvaise idée. Obligation de créer la jachère nue, sol travaillé régulièrement. Cette obligation a entraîné un échauffement local de température de 0,8 °C sur toute l’Europe.
35 ans après, les prairies sont revenues sur certaines parcelles, mais la qualité de pousse de l’herbe n’a jamais égalé la situation d’avant 1992. L’Irlande soumise aux mêmes traitements les a interrompus en 2008. Oh, surprise, sa température en hausse depuis 1990 est stabilisée depuis 2008. La température observée chaque année est directement liée à la surface des prairies.
Les grandes plaines américaines ont subi le même traitement dans les années 1930. La mécanisation à outrance a entraîné des nuages de poussière, le fameux « Dust Bowl ». Les températures de l’Oklahoma du Nebraska et du Texas se sont élevées du même montant de 0,8 °C pendant une dizaine d’années.
La compréhension des phénomènes en cause est une bonne nouvelle. Évitons un alarmisme inutile. Il suffit donc de replanter les prairies pour baisser la température de notre sol.
La Niña a confortablement installé ses quartiers dans l’océan Pacifique depuis maintenant deux années consécutives. Fait inusité : tout indique que l’anomalie persistera pour une bonne partie de l’hiver 2022-2023, entrant dans sa troisième année. Les alizés, des vents près de l’équateur soufflant vers l’est, sont plus forts, poussant les eaux tièdes vers l’Asie. Ce phénomène permet aux eaux froides et denses des profondeurs de remonter vers la surface.
Si cela se produit, ce sera seulement la troisième fois, depuis le début de la collecte des données en 1950, que La Niña étire sa visite sur trois ans. La dernière séquence du genre remonte à plus de 20 ans, entre 1998 et 2000.
À chaque épisode de basculement d’El Niño vers la Nina, l’hiver a présenté des épisodes froids et secs. Les épisodes de renforcement de la Nina se sont traduits par des vagues de froid intensif, dans plus de la majorité des cas. Et aujourd’hui, la Nina est au plus bas. L’hiver sera donc sec. La position des anticyclones et dépression décidera la température chaque semaine, sur un fond sec, donc avec des amplitudes fortes.
Le 25e cycle solaire avait été annoncé faible comme le précédent. Il était parti en fanfare à la hausse au-dessus des prévisions. Mais depuis le 12 juin, nous nous dirigeons vers un cycle plus faible. Quant à la température globale de la planète, elle est toujours en dessous de celle de 2016, il y a 7 ans. La canicule en Europe a été compensée par des températures faibles dans d’autres lieux du globe (Inde, Antarctique…).
La Nina se déchaîne comme jamais dans le passé. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’arrêt de la sécheresse. Au mois de juillet, le Pacifique s’est refroidi de 2,2 °C par rapport à la moyenne des années précédentes. Un Pacifique froid, c’est autant d’humidité en moins pour le globe terrestre. Le paradoxe par ses grandes chaleurs en Europe est que l’activité solaire baisse depuis le 12 juin. Ce qui explique en partie le refroidissement supplémentaire du Pacifique. Les épisodes de sécheresse du siècle dernier (de 1910 à 1916, 1921, de 1942 à 1949…) ont tous été concomitants avec un petit refroidissement de la Terre. 2022 n’échappe pas à cette observation. La température de la Terre est plus faible de 0,1 °C qu’en 2016. La Terre s’est légèrement refroidie depuis 6 ans.
En revanche, la tendance à long terme provoquée par l’action de l’homme provoque une augmentation de l’humidité atmosphérique au niveau du sol ; ce que nous avons observé depuis 60 ans. Aucune observation ne montre une corrélation entre l’augmentation du CO2 et les épisodes de sécheresse. La teneur en CO2 n’était-elle pas 30 % plus faible le siècle dernier qu’aujourd’hui, lors des épisodes de sécheresse ? La cause principale est liée à l’activité solaire, et aux épisodes La Nina. Même si l’action de l’homme en imperméabilisant les sols contribue à amplifier le phénomène. À interdire aux sols d’emmagasiner la pluie, par un bétonnage excessif de nos cités, cela provoque sécheresse et chaleur. Il n’y a pas d’eau à évaporer pour humidifier l’air et refroidir l’atmosphère.
Quelle conséquence pour nous ? Un climat violent, sécheresse ou inondation, cyclones sur l’Atlantique ? Les trois sont possibles dans les deux mois à venir. Et probablement un hiver froid et sec. La Nina est un phénomène naturel qui revient tous les 5 ou 10 ans et peut entraîner un échauffement temporaire de 15 °C ; de telles canicules ont été observées et mesurées en France de 1942 à 1949, en 1921, avec des effets hydrauliques plus durs qu’aujourd’hui.
L’artificialisation des sols est créée par les Français eux — mêmes ; elle contribue à une hausse de l’équilibre des températures localement de 2 °C en France ; les deux phénomènes se superposent.