L’hiver va-t-il être froid et sec ?

La Niña a confortablement installé ses quartiers dans l’océan Pacifique depuis maintenant deux années consécutives. Fait inusité : tout indique que l’anomalie persistera pour une bonne partie de l’hiver 2022-2023, entrant dans sa troisième année. Les alizés, des vents près de l’équateur soufflant vers l’est, sont plus forts, poussant les eaux tièdes vers l’Asie. Ce phénomène permet aux eaux froides et denses des profondeurs de remonter vers la surface.

Si cela se produit, ce sera seulement la troisième fois, depuis le début de la collecte des données en 1950, que La Niña étire sa visite sur trois ans. La dernière séquence du genre remonte à plus de 20 ans, entre 1998 et 2000.

À chaque épisode de basculement d’El Niño vers la Nina, l’hiver a présenté des épisodes froids et secs. Les épisodes de renforcement de la Nina se sont traduits par des vagues de froid intensif, dans plus de la majorité des cas. Et aujourd’hui, la Nina est au plus bas. L’hiver sera donc sec. La position des anticyclones et dépression décidera la température chaque semaine, sur un fond sec, donc avec des amplitudes fortes.   

Le 25e cycle solaire avait été annoncé faible comme le précédent. Il était parti en fanfare à la hausse au-dessus des prévisions. Mais depuis le 12 juin, nous nous dirigeons vers un cycle plus faible. Quant à la température globale de la planète, elle est toujours en dessous de celle de 2016, il y a 7 ans. La canicule en Europe a été compensée par des températures faibles dans d’autres lieux du globe (Inde, Antarctique…).


La Nina se déchaîne comme jamais dans le passé. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’arrêt de la sécheresse. Au mois de juillet, le Pacifique s’est refroidi de 2,2 °C par rapport à la moyenne des années précédentes. Un Pacifique froid, c’est autant d’humidité en moins pour le globe terrestre. Le paradoxe par ses grandes chaleurs en Europe est que l’activité solaire baisse depuis le 12 juin. Ce qui explique en partie le refroidissement supplémentaire du Pacifique. Les épisodes de sécheresse du siècle dernier (de 1910 à 1916, 1921, de 1942 à 1949…) ont tous été concomitants avec un petit refroidissement de la Terre. 2022 n’échappe pas à cette observation. La température de la Terre est plus faible de 0,1 °C qu’en 2016. La Terre s’est légèrement refroidie depuis 6 ans.

En revanche, la tendance à long terme provoquée par l’action de l’homme provoque une augmentation de l’humidité atmosphérique au niveau du sol ; ce que nous avons observé depuis 60 ans. Aucune observation ne montre une corrélation entre l’augmentation du CO2 et les épisodes de sécheresse. La teneur en CO2 n’était-elle pas 30 % plus faible le siècle dernier qu’aujourd’hui, lors des épisodes de sécheresse ? La cause principale est liée à l’activité solaire, et aux épisodes La Nina. Même si l’action de l’homme en imperméabilisant les sols contribue à amplifier le phénomène. À interdire aux sols d’emmagasiner la pluie, par un bétonnage excessif de nos cités, cela provoque sécheresse et chaleur. Il n’y a pas d’eau à évaporer pour humidifier l’air et refroidir l’atmosphère.

Quelle conséquence pour nous ? Un climat violent, sécheresse ou inondation, cyclones sur l’Atlantique ? Les trois sont possibles dans les deux mois à venir. Et probablement un hiver froid et sec.
La Nina est un phénomène naturel qui revient tous les 5 ou 10 ans et peut entraîner un échauffement temporaire de 15 °C ; de telles canicules ont été observées et mesurées en France de 1942 à 1949, en 1921, avec des effets hydrauliques plus durs qu’aujourd’hui.  

L’artificialisation des sols est créée par les Français eux — mêmes ; elle contribue à une hausse de l’équilibre des températures localement de 2 °C en France ; les deux phénomènes se superposent.

Bravo M Leclerc, mais vous pouvez mieux faire.
Vous avez peint en blanc le toit de l’hypermarché de Montargis. Repeindre en blanc les toits permet de refroidir la planète de 25 W/m2 localement ; les Grecs badigeonnent en blanc depuis longtemps leurs maisons.
Supprimer le béton des parkings permettrait de gagner plus du double. (source M Vieillefosse, réchauffement climatique). Vous seriez deux fois plus efficace en aménageant vos parkings avec des plots, permettant à l’eau de pénétrer dans le sol, puis de s’évaporer. Et cela vous coûtera moins cher que de maintenir blanche la peinture des toits.

La consommation d’énergie (300 kWh/m2) produite dans vos magasins avec le mix électrique français représente 137 W/m2 de réchauffement localement. Les parkings bétonnés et l’absorption des toits des bâtiments contribuent au réchauffement à hauteur de 40 % et de 20 % de la consommation électrique des hypermarchés. Une source potentielle puissante de réduction du réchauffement.

L’artificialisation des sols explique pourquoi la France a un réchauffement de 2 °C, double de celui de la planète en 60 ans. 4 % des sols sont imperméabilisés en France. C’est le record d’Europe ; le réchauffement reste local. À nous de choisir si l’on veut lutter contre le CO2 sans aucun résultat à court terme, ou au contraire lutter contre l’imperméabilisation des sols avec un résultat immédiat : gagner 1 °C, la moitié du réchauffement observé depuis 60 ans. Lorsqu’on touche à la surface du sol, les responsables locaux subissent leurs turpitudes, contrairement aux gaz qui se répartissent uniformément sur la planète.  

Certes, la sécheresse inhabituelle est propice au déclenchement des feux de forêt. Mais déjà l’an dernier la Californie reconnaissait que les feux de forêt sont plus liés à l’absence d’entretien qu’au réchauffement. « Si nous voulons réduire la fréquence et le caractère destructeur des incendies, nous devons éliminer les combustibles de nos forêts, en particulier les bois morts », déclaraient les principaux responsables. Les photos récentes des incendies, comme celle jointe, montrent bien l’ampleur des feux sur les bois morts, comparés aux arbres vivants.

Au lieu de terrifier les citoyens sur leur émission de CO2, il conviendrait d’enseigner les gestes vertueux pour la planète : ramasser le bois mort dans les forêts…

Le souffle de la Nina.

La Niña souffle plus fort que jamais. Il faut remonter au moins 50 ans en arrière pour observer une telle valeur. Le refroidissement de surface du Pacifique de 1,9 °C en juin entraîne une évaporation plus faible et donc une sécheresse dans de nombreuses parties du monde (usa…) même si certaines zones en particulier en Asie et en Australie se trouvent beaucoup plus pluvieuses. Nous sommes devant un événement naturel, lié à la direction et la force des alizés. Les effets en sont connus depuis longtemps et publiés sur le graphe ci-joint. C’est la force qui est inhabituelle. Alors que nous dépassons les 35 °C sur la France, il fait seulement 29 °C à Calcutta et New-Dehli. L’air plus sec du Pacifique est transporté par les courants ascendants vers nos latitudes. Cette baisse de l’humidité de l’air se retrouve à haute altitude au-dessus de 5000 m, sous nos latitudes, diminuant ainsi la radiation de la vapeur d’eau dans l’espace. Il s’en suit une augmentation de la chaleur dans la colonne d’air, et donc une chaleur plus grande au sol. Nous mesurons 15 °C de plus à 5000 m, comme le mentionne Météo-France. Cette chaleur sur l’Europe résulte donc d’un phénomène purement naturel.

L’intervention humaine amplifie le phénomène. L’artificialisation des sols et leur imperméabilisation contribuent également à une sécheresse plus marquée en Europe, et dans d’autres zones du monde. Là, il s’agit de l’action de l’homme.

Faisons la part de la Nature et celle de l’Homme.


Pourquoi une telle canicule en France ?

Deux phénomènes simultanés s’additionnent : un phénomène naturel et un phénomène lié à l’homme. Le premier est un panache de chaleur qui arrive du sud, lié aux déplacements d’air, venant d’Afrique. Le deuxième provient de l’artificialisation des sols. L’air chaud arrive sur des sols imperméabilisés par l’homme. Ces derniers ont empêché une partie des pluies de s’accumuler dans le sol et ont bloqué les possibilités de vaporisation ultérieure lorsqu’il fait chaud. Si nous voulons avoir moins des canicules dans le futur, il faut arrêter de bétonner nos villes, les parkings de supermarché, les zones industrielles., les pistes cyclables… En bloquant l’évaporation, nous empêchons l’air de se refroidir.


La canicule en Inde : les îlots urbains de chaleur

Les activités humaines dans les zones bâties conduisent à un phénomène, baptisé « îlots urbains de chaleur » caractérisés par des températures plus élevées que dans la campagne environnante. A minuit, dans la région de New Dehli l’écart est de 24°C, nous indique récemment l’instrument ECOstress  embarqué à bord de  la  station internationale. Les villes ne se refroidissent pas la nuit. Il y règne 39°C, en opposition aux  15°C dans la campagne environnante. Les agglomérations de plus en plus minéralisées font appel à des matériaux de construction denses, avides d’absorber l’énergie du soleil. Elles rafraîchissent peu les espaces par le biais de l’évapotranspiration.

Au total, cette urbanisation dans le monde contribue aujourd’hui  à un réchauffement de l’ordre de grandeur de celui créé par le CO2. Elle est aussi responsable des inondations.

Est-ce une fatalité ? L’imperméabilisation des sols en supprimant l’évaporation est un des grands responsables du réchauffement. Il est urgent d’y mettre fin. L’altération des sols à nos latitudes y contribue aussi. La solution passe par l’arrêt de l’altération des sols (parking des supermarchés, zones industrielles bétonnées). Avec le bon diagnostic et une action appropriée, tout peut rentrer dans l’ordre


L’Inde et le Pakistan sont victimes d’un épisode de canicule particulièrement important.

Un dôme de chaleur s’est bloqué sur le continent indien. L’origine est liée à la Niña, exceptionnellement violente depuis 15 mois. La piscine d’eau chaude poussée par les alizés est située à l’ouest de l’océan Pacifique. Elle se traduit par une surélévation du niveau de la mer de 50 cm et une humidité plus forte. La Niña occasionne actuellement une humidité très forte sur la face Est de l’Asie de l’Australie et l’Afrique du Sud, et une sécheresse sur l’océan Indien.

Tous les 11 ans, cet équilibre fragile s’écroule sous son poids et repart vers l’est. Ce phénomène naturel est connu depuis 500 ans. Tout va progressivement rentrer dans l’ordre dans les mois qui viennent. 

La canicule est de plus en plus marquée, de décade en décade, sur le continent indien à cause de l’imperméabilisation des sols. L’artificialisation des sols empêche la terre de transpirer et de se refroidir entre deux moussons. C’est un des sujets que nous devons résoudre rapidement.

Arrêtons de faire peur et traitons les problèmes en fonction de leurs origines. Faisons la part des causes naturelles et de celles dues à l’homme.