
Le cyclone Chido a frappé Mayotte samedi 14 décembre.
Rien ne laissait présager une telle violence. La fin de l’hiver austral tempérée occultait en surface l’énorme quantité de chaleur enfouie dans l’océan en profondeur durant l’été austral.
En suivant la trajectoire de Chido, nous observons que la température de surface de l’océan Indien pour l’année 2024 surpasse de 0,5 °C les valeurs habituelles de 27,3 °C. Les fluctuations mensuelles de 2024 ont succédé fidèlement aux augmentations mensuelles de l’éclairement solaire entre juin 2023 et novembre 2024. Les UV solaires, liés à une forte activité solaire , ont contribué à cet échauffement.
Sur les enregistrements, nous remarquons une très forte température pendant l’été austral 2024 de janvier à juillet, et un montant record de la colonne d’eau dans l’atmosphère. La chaleur inhabituelle en place depuis 15 mois a eu le temps de diffuser vers les profondeurs de l’océan, avant de diminuer sa trace en surface en novembre.
De quoi nourrir le cyclone.
Malheureusement, le retour de l’été dans quelques jours risque de produire des répliques. L’archipel commence tout juste la saison des cyclones, qui s’étale de novembre à avril. Cette saison est souvent accompagnée de pluies violentes. La population se retrouve sans toit particulièrement exposée dans les mois à venir.
En novembre 2024, la température de surface de l’océan Indien n’était pas plus chaude que d’habitude. Elle était même plus faible que dans les années 80.

En revanche, la moyenne des températures de l’année 2024 est à un niveau proche des records. L’océan a accumulé énormément de chaleur, à la suite de la très forte activité solaire de mi-2023 à 2024.
Les satellites nous montrent que le sommet de l’atmosphère a évacué sensiblement plus d’infrarouges que d’habitude en 2023, mais moins que d’habitude au 1er semestre 2024, à cause de l’énorme quantité de vapeur d’eau formée. Alors cette chaleur s’est accumulée dans les profondeurs de l’océan, créant une véritable bombe thermique.



