Il y a méthane et méthane ! Le bon et le mauvais

La Première ministre néo-zélandaise travailliste Jacinda Ardern souhaite que son gouvernement taxe les propriétaires d’animaux d’élevage émetteurs de méthane, ce qui touchera principalement les éleveurs bovins. Ainsi, les pets et les rots de vache seront taxés, car polluants !

La ministre serait bien incapable d’expliquer le lien entre les émissions de méthane et la hausse des températures dans son pays. La température de la Nouvelle-Zélande a augmenté de seulement 0,38 °C depuis 60 ans (source NOAA). Une des plus faibles augmentations de la planète, très en dessous de la moyenne mondiale. Nous ne pouvons pas dire que le pays subit un réchauffement climatique ! Les vaches contribuent à une augmentation de moins de 0,01 °C, soit 3 % de la hausse observée depuis 60 ans.

Notre ministre ignore que le méthane fait partie d’un cycle naturel. Ce méthane était sous forme de CO2 dans l’atmosphère, puis il a été transformé en herbe par la nature, à la différence du CO2 de nos hydrocarbures extraits des sols. La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est relativement courte, une dizaine d’années. Il redevient rapidement CO2, pour être de nouveau capté par la biomasse. Un cycle plus court que celui du bois, réputé ne pas émettre de CO2 !

Le secteur laitier assure 27 % des exportations de la Nouvelle-Zélande ! Taxer les vaches, c’est ce qui s’appelle se tirer une balle dans le pied. Peu de chances que la Première ministre soit réélue avec un tel programme.

Dans cette optique, pourquoi ne pas taxer les individus à cause de leur respiration ? Leur kilo de CO2 journalier. Les humains, quatre fois plus nombreux, contribuent presque autant que les vaches au réchauffement, en raison de leurs émissions de CO2. Fiscalement, cela serait plus simple.

Nous serions plus avisés d’éliminer les dix fuites parfaitement identifiées des gazoducs. Ce méthane-là était séquestré dans le sol, et ne l’est plus. Il y a méthane et méthane.


La raréfaction des ressources naturelles entraîne des conséquences plus importantes qu’un réchauffement de 1 °C de la planète. Elle aura un impact économique immédiat. Personne ne sait gérer une décroissance. Le tableau ci-dessous des principaux éléments a été publié par la Société européenne de chimie (EuChemS). Il présente parmi ces 90 éléments différents, lesquels sont en abondance et lesquels peuvent devenir l’objet de pénurie à partir de 2022.

Ces éléments ne s’épuisent pas techniquement, ils se transforment. Seul l’hélium monte dans l’atmosphère terrestre et s’échappe dans l’espace. Certains éléments sont recherchés avec frénésie, au point où ils pourraient bientôt devenir extrêmement rares.

Pour les téléphones portables, quatre éléments deviennent de plus en plus recherchés : le gallium, l’arsenic, l’yttrium, l’indium.

Pour les voitures électriques, ce sont les matériaux de la cathode des batteries qui soulèvent des interrogations : lithium et cobalt… Au moins, la moitié d’une batterie de véhicule électrique comprend du lithium, du nickel, du manganèse et du cobalt, quatre métaux dont les prix flambent depuis l’année dernière. Aussi, n’oublions pas que la Chine contrôle le commerce mondial des minéraux des terres rares. Le problème de souveraineté n’a jamais été aussi criant.

Un élément mérite d’être souligné sur le graphique, le carbone. Il est composé de trois couleurs différentes : vert, rouge et gris foncé.
Vert, car le carbone est en abondance sous forme de dioxyde de carbone. Rouge, car il causera bientôt un certain nombre de problèmes si les habitudes de consommation ne changent pas (méthane en particulier). Gris parce que les combustibles à base de carbone proviennent souvent de pays en conflit. Quant à l’eau composée d’hydrogène et d’oxygène, sa quantité reste constante sur Terre. Elle change de lieu et de nature. Elle se métamorphose sous forme de vapeur, liquide ou glace.


L’hiver va-t-il être froid et sec ?

La Niña a confortablement installé ses quartiers dans l’océan Pacifique depuis maintenant deux années consécutives. Fait inusité : tout indique que l’anomalie persistera pour une bonne partie de l’hiver 2022-2023, entrant dans sa troisième année. Les alizés, des vents près de l’équateur soufflant vers l’est, sont plus forts, poussant les eaux tièdes vers l’Asie. Ce phénomène permet aux eaux froides et denses des profondeurs de remonter vers la surface.

Si cela se produit, ce sera seulement la troisième fois, depuis le début de la collecte des données en 1950, que La Niña étire sa visite sur trois ans. La dernière séquence du genre remonte à plus de 20 ans, entre 1998 et 2000.

À chaque épisode de basculement d’El Niño vers la Nina, l’hiver a présenté des épisodes froids et secs. Les épisodes de renforcement de la Nina se sont traduits par des vagues de froid intensif, dans plus de la majorité des cas. Et aujourd’hui, la Nina est au plus bas. L’hiver sera donc sec. La position des anticyclones et dépression décidera la température chaque semaine, sur un fond sec, donc avec des amplitudes fortes.   

Le 25e cycle solaire avait été annoncé faible comme le précédent. Il était parti en fanfare à la hausse au-dessus des prévisions. Mais depuis le 12 juin, nous nous dirigeons vers un cycle plus faible. Quant à la température globale de la planète, elle est toujours en dessous de celle de 2016, il y a 7 ans. La canicule en Europe a été compensée par des températures faibles dans d’autres lieux du globe (Inde, Antarctique…).


Pour une transition écologique douce.

Un mouvement se développe pour remplacer les hydrocarbures qui fournissent 84 % de l’énergie mondiale par du solaire, de l’éolien et des batteries. 

En France, l’éolien fonctionne seulement 25 % du temps, le photovoltaïque 12 %. La propriété des énergies intermittentes a trompé les Français, puisqu’elles nécessitent 75 % du temps des énergies classiques en complément. En particulier en hiver, sans soleil et sans vent. D’où un coût plus élevé pour développer deux sources d’énergie au fonctionnement intermittent. Sur toute l’Europe, la présence ou l’absence du vent et de l’énergie solaire a lieu simultanément. Multiplier le nombre de générateurs ne résout rien.

 En l’absence d’une stratégie long terme sur l’énergie, faute d’investissement, il n’y a plus assez de centrales pilotables, pour s’adapter à la demande des utilisateurs. Les prix montent pour pouvoir observer l’équilibre entre l’offre et la demande, jusqu’à atteindre suffisamment de destruction de la demande. 

Cette nouvelle économie de l’énergie repose sur l’idée d’un développement technologique aussi rapide que celui de l’informatique et des télécoms avec des facteurs 10 de gain technologique. En fait, la nature nous dit qu’il n’y a aucune possibilité d’opérer une transition à court terme aussi vite.
1/ Ni les entrepreneurs ni les scientifiques n’ont découvert une énergie aussi remarquable que les hydrocarbures en termes de faible coût, haute densité énergétique, de portabilité.
2/ La limite des cellules photovoltaïques en silicium autorise une conversion maximale de 34 % des photons en électrons. La meilleure technologie commerciale actuelle dépasse 26 %.

3/ La technologie des éoliennes s’est améliorée, mais la limite physique est de 60 % de l’énergie cinétique de l’air en mouvement. Les turbines commerciales dépassent aujourd’hui 40 %.

4/ La production de Tesla, la plus grande usine de batterie au monde, pourrait stocker l’équivalent de trois minutes de la demande annuelle en électricité des États-Unis. Il faudrait 1000 ans de production pour fabriquer suffisamment de batteries pour deux jours demandés des consommateurs. Pendant ce temps, 25 à 100 kg de matériaux sont extraits, déplacés et traités pour chaque kilogramme de batterie produit. Les voitures électriques resteront un produit de luxe réservé aux plus aisés.

L’énergie est une industrie nécessitant des investissements à durée de vie longue : plus de 40 ans. L’Europe veut imposer une transition en 10 ans. C’est une absurdité industrielle et financière. Les citoyens vont en payer le prix exorbitant par un pouvoir d’achat fortement réduit, et des coupures d’énergie, faute d’investissement dans les énergies pilotables. Pour quel bénéfice ?


La Nina se déchaîne comme jamais dans le passé. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’arrêt de la sécheresse. Au mois de juillet, le Pacifique s’est refroidi de 2,2 °C par rapport à la moyenne des années précédentes. Un Pacifique froid, c’est autant d’humidité en moins pour le globe terrestre. Le paradoxe par ses grandes chaleurs en Europe est que l’activité solaire baisse depuis le 12 juin. Ce qui explique en partie le refroidissement supplémentaire du Pacifique. Les épisodes de sécheresse du siècle dernier (de 1910 à 1916, 1921, de 1942 à 1949…) ont tous été concomitants avec un petit refroidissement de la Terre. 2022 n’échappe pas à cette observation. La température de la Terre est plus faible de 0,1 °C qu’en 2016. La Terre s’est légèrement refroidie depuis 6 ans.

En revanche, la tendance à long terme provoquée par l’action de l’homme provoque une augmentation de l’humidité atmosphérique au niveau du sol ; ce que nous avons observé depuis 60 ans. Aucune observation ne montre une corrélation entre l’augmentation du CO2 et les épisodes de sécheresse. La teneur en CO2 n’était-elle pas 30 % plus faible le siècle dernier qu’aujourd’hui, lors des épisodes de sécheresse ? La cause principale est liée à l’activité solaire, et aux épisodes La Nina. Même si l’action de l’homme en imperméabilisant les sols contribue à amplifier le phénomène. À interdire aux sols d’emmagasiner la pluie, par un bétonnage excessif de nos cités, cela provoque sécheresse et chaleur. Il n’y a pas d’eau à évaporer pour humidifier l’air et refroidir l’atmosphère.

Quelle conséquence pour nous ? Un climat violent, sécheresse ou inondation, cyclones sur l’Atlantique ? Les trois sont possibles dans les deux mois à venir. Et probablement un hiver froid et sec.
La Nina est un phénomène naturel qui revient tous les 5 ou 10 ans et peut entraîner un échauffement temporaire de 15 °C ; de telles canicules ont été observées et mesurées en France de 1942 à 1949, en 1921, avec des effets hydrauliques plus durs qu’aujourd’hui.  

L’artificialisation des sols est créée par les Français eux — mêmes ; elle contribue à une hausse de l’équilibre des températures localement de 2 °C en France ; les deux phénomènes se superposent.

Bravo M Leclerc, mais vous pouvez mieux faire.
Vous avez peint en blanc le toit de l’hypermarché de Montargis. Repeindre en blanc les toits permet de refroidir la planète de 25 W/m2 localement ; les Grecs badigeonnent en blanc depuis longtemps leurs maisons.
Supprimer le béton des parkings permettrait de gagner plus du double. (source M Vieillefosse, réchauffement climatique). Vous seriez deux fois plus efficace en aménageant vos parkings avec des plots, permettant à l’eau de pénétrer dans le sol, puis de s’évaporer. Et cela vous coûtera moins cher que de maintenir blanche la peinture des toits.

La consommation d’énergie (300 kWh/m2) produite dans vos magasins avec le mix électrique français représente 137 W/m2 de réchauffement localement. Les parkings bétonnés et l’absorption des toits des bâtiments contribuent au réchauffement à hauteur de 40 % et de 20 % de la consommation électrique des hypermarchés. Une source potentielle puissante de réduction du réchauffement.

L’artificialisation des sols explique pourquoi la France a un réchauffement de 2 °C, double de celui de la planète en 60 ans. 4 % des sols sont imperméabilisés en France. C’est le record d’Europe ; le réchauffement reste local. À nous de choisir si l’on veut lutter contre le CO2 sans aucun résultat à court terme, ou au contraire lutter contre l’imperméabilisation des sols avec un résultat immédiat : gagner 1 °C, la moitié du réchauffement observé depuis 60 ans. Lorsqu’on touche à la surface du sol, les responsables locaux subissent leurs turpitudes, contrairement aux gaz qui se répartissent uniformément sur la planète.  

Certes, la sécheresse inhabituelle est propice au déclenchement des feux de forêt. Mais déjà l’an dernier la Californie reconnaissait que les feux de forêt sont plus liés à l’absence d’entretien qu’au réchauffement. « Si nous voulons réduire la fréquence et le caractère destructeur des incendies, nous devons éliminer les combustibles de nos forêts, en particulier les bois morts », déclaraient les principaux responsables. Les photos récentes des incendies, comme celle jointe, montrent bien l’ampleur des feux sur les bois morts, comparés aux arbres vivants.

Au lieu de terrifier les citoyens sur leur émission de CO2, il conviendrait d’enseigner les gestes vertueux pour la planète : ramasser le bois mort dans les forêts…

Le souffle de la Nina.

La Niña souffle plus fort que jamais. Il faut remonter au moins 50 ans en arrière pour observer une telle valeur. Le refroidissement de surface du Pacifique de 1,9 °C en juin entraîne une évaporation plus faible et donc une sécheresse dans de nombreuses parties du monde (usa…) même si certaines zones en particulier en Asie et en Australie se trouvent beaucoup plus pluvieuses. Nous sommes devant un événement naturel, lié à la direction et la force des alizés. Les effets en sont connus depuis longtemps et publiés sur le graphe ci-joint. C’est la force qui est inhabituelle. Alors que nous dépassons les 35 °C sur la France, il fait seulement 29 °C à Calcutta et New-Dehli. L’air plus sec du Pacifique est transporté par les courants ascendants vers nos latitudes. Cette baisse de l’humidité de l’air se retrouve à haute altitude au-dessus de 5000 m, sous nos latitudes, diminuant ainsi la radiation de la vapeur d’eau dans l’espace. Il s’en suit une augmentation de la chaleur dans la colonne d’air, et donc une chaleur plus grande au sol. Nous mesurons 15 °C de plus à 5000 m, comme le mentionne Météo-France. Cette chaleur sur l’Europe résulte donc d’un phénomène purement naturel.

L’intervention humaine amplifie le phénomène. L’artificialisation des sols et leur imperméabilisation contribuent également à une sécheresse plus marquée en Europe, et dans d’autres zones du monde. Là, il s’agit de l’action de l’homme.

Faisons la part de la Nature et celle de l’Homme.


La Cour suprême des États-Unis retire à l’agence fédérale de l’environnement le droit de statuer sur les émissions de CO2 liées à l’utilisation du charbon pour produire de l’électricité. C’est au Congrès à statuer et à assumer l’impopularité des augmentations de prix et les conséquences sur l’inflation. Plus de quatre cents agences fédérales décident pour les consommateurs, sans avoir de comptes à rendre aux citoyens.
L’Europe va-t-elle laisser la technocratie européenne décider ? Qui doit décider nos modes d’énergie et leurs coûts ?
Obama avait proposé une réduction du charbon de 32 % en 2030 par rapport au niveau de 2005. Le secteur de l’électricité aux États-Unis représente 1,7 Gt CO2 ; le charbon contribue à un quart de l’électricité. La baisse, observée depuis 2005, a représenté 75 millions de tonnes de CO2, une valeur très en dessous de l’effort demandé. Soit un impact de 0,0004 °C. Dans le même temps, industrie, transport, bâtiments n’ont pas baissé leurs émissions aux États unis.

Dans le monde depuis 2005, la production électrique a émis 30 % de plus de CO2, essentiellement sous l’impulsion des pays en développement. Le CO2 a contribué à 0,07°C à l’augmentation de température.

Par comparaison depuis 2005, la déforestation de l’Amazonie et de l’Indonésie a contribué à 0,22°C, l’artificialisation des sols 0,09°C. Faisons le bon diagnostic. Il sera alors plus facile de prendre les bonnes décisions, sans se tromper.