Il y a dix jours, le petit robot Persévérance, posé sur Mars, nous alertait sur une énorme tache solaire, visible sur la face cachée du Soleil. Le Soleil effectue une rotation sur lui-même en 27 jours. La planète Mars sert de base avancée pour la prédiction des taches.

Le 1er septembre 1859, l’astronome anglais Richard Carrington a dessiné la tache solaire la plus célèbre de l’histoire. En observant une projection du Soleil sur un écran, il a vu apparaître une éruption solaire aveuglante, classée X45, suivie deux jours plus tard par une tempête géomagnétique mondiale. Nous avons baptisé ce phénomène « l’événement Carrington ».

Quel est le rapport entre la tache solaire géante d’aujourd’hui, le 3 décembre 2025, et celle de Carrington ? Voici la réponse :

L’image montre le dessin de Carrington de la tache solaire de 1859 insérée à l’échelle, et l’image du complexe des taches solaires 4294-4296 observées le 2 décembre 2025, apparues sur le coté visible du soleil . Ces dernières ont à peu près la même taille. La surface de la tache solaire de Carrington était d’environ 2300 millionièmes du disque solaire. Cependant, la surface de 4294-4296 s’étend sur une superficie de 2080 millions de millièmes, ce qui représente environ 90 % de celle de la tache solaire originale.

En réalité, les taches solaires 4294 et 4296 sont distinctes, mais leur proximité les fait apparaître comme un seul géant. Cet avantage injuste par rapport à Carrington pourrait entraîner des explosions majeures. En effet, l’enchevêtrement des auvents magnétiques des deux taches solaires augmente les probabilités d’une reconnexion et d’une éruption de classe X. De plus, toute explosion aujourd’hui sera géo-efficace.

Alerte aux éruptions solaires : le vent solaire dépasse les 600 km/s ; les aurores boréales seront au rendez-vous.

Cette éruption n’est actuellement pas dirigée vers la Terre, mais dans cinq jours, en raison de la rotation du Soleil, elle ne passera  pas loin de notre planète. À suivre.


Starcloud 1 est lancé le 2 novembre.

Starcloud, une jeune pousse soutenue par Nvidia, envisage de créer des centres de données dans l’espace. Ces derniers seront alimentés par l’énergie solaire. Le premier prototype a été lancé le 2 novembre. Il pèse 60 kg et possède une puissance de calcul cent fois supérieure à celle de tout autre ordinateur spatial. Il est équipé de la puce Nvidia H100.

Cette solution pourrait contribuer à satisfaire les besoins en énergie toujours plus grands des centres de données, en raison de la croissance exponentielle de l’IA. Pourquoi ne pas simplement la consommer sur place au lieu de la faire venir de la Terre ? C’est le concept de Starcloud, une entreprise soutenue par le programme Inception de Nvidia.

Les serveurs fonctionneront grâce à une énergie solaire presque inépuisable et disponible 24 h/24. De plus, ces centres de données pourront directement évacuer la chaleur produite dans l’espace, évitant ainsi les systèmes de refroidissement très gourmands en eau.

L’absence d’atmosphère rendra les choses plus complexes, car le refroidissement par convection et conduction thermique sera impossible. Tout se fera par rayonnement de gros radiateurs. Pour un data center de 1 GW, cela équivaudrait à environ 1,6 km², soit environ la moitié de la superficie des panneaux solaires.

Starcloud 2 sera opérationnel en 2026, sur une orbite héliosynchrone. Il sera accessible pour un usage commercial.

L’un des premiers cas d’utilisation envisagés est l’analyse de données d’observation de la Terre pour détecter des catastrophes naturelles. Une autre application cruciale est le traitement de signaux radar. Effectuer l’inférence directement en orbite permettrait de réduire la latence de plusieurs heures à quelques minutes, ce qui serait bénéfique pour détecter rapidement des incendies ou détecter des signaux de détresse.


Le cyclone Chido a frappé Mayotte samedi 14 décembre.

Rien ne laissait présager une telle violence. La fin de l’hiver austral tempérée occultait en surface l’énorme quantité de chaleur enfouie dans l’océan en profondeur durant l’été austral.

En suivant la trajectoire de Chido, nous observons que la température de surface de l’océan Indien pour l’année 2024 surpasse de 0,5 °C les valeurs habituelles de 27,3 °C. Les fluctuations mensuelles de 2024 ont succédé fidèlement aux augmentations mensuelles de l’éclairement solaire entre juin 2023 et novembre 2024. Les UV solaires, liés à une forte activité solaire , ont contribué à cet échauffement.

Sur les enregistrements, nous remarquons une très forte température pendant l’été austral 2024 de janvier à juillet, et un montant record de la colonne d’eau dans l’atmosphère. La chaleur inhabituelle en place depuis 15 mois a eu le temps de diffuser vers les profondeurs de l’océan, avant de diminuer sa trace en surface en novembre.

De quoi nourrir le cyclone.

Malheureusement, le retour de l’été dans quelques jours risque de produire des répliques. L’archipel commence tout juste la saison des cyclones, qui s’étale de novembre à avril. Cette saison est souvent accompagnée de pluies violentes. La population se retrouve sans toit particulièrement exposée dans les mois à venir.

En novembre 2024, la température de surface de l’océan Indien n’était pas plus chaude que d’habitude. Elle était même plus faible que dans les années 80.

En revanche, la moyenne des températures de l’année 2024 est à un niveau proche des records.  L’océan a accumulé énormément de chaleur, à la suite de la très forte activité solaire de mi-2023 à 2024.

 Les satellites nous montrent que le sommet de l’atmosphère a évacué sensiblement plus d’infrarouges que d’habitude en 2023, mais moins que d’habitude au 1er semestre 2024, à cause de l’énorme quantité de vapeur d’eau formée. Alors cette chaleur s’est accumulée dans les profondeurs de l’océan, créant une véritable bombe thermique.


Des éruptions solaires particulièrement violentes provoquent des « aurores » ce week-end, visibles en France. Nous observons les plus fortes éruptions sur Terre depuis 1859. Sur le soleil, la tâche responsable apparaît plus grosse que le globe terrestre. En 1859, ce type d’éruption présentait une tache aussi importante ; il avait provoqué des courts-circuits et des arcs électriques dans les stations télégraphiques aux États unis.

Des particules sont éjectées depuis le soleil jusqu’à la Terre. Ce qui provoque ces aurores de couleur rose-violet. Heureusement, l’éjection n’est pas directement dirigée vers la Terre.

Cette éjection se révèle différente des aurores boréales classiques de couleur verte, provoquées par des drapés d’électrons qui descendent dans l’atmosphère au niveau des pôles.

Nous observons des SAR (arcs rouges stables). Ils se forment dans la très haute atmosphère à 6000 km d’altitude dans le doughnut de la ceinture des protons qui entoure la terre à haute altitude. C’est la raison pour laquelle, nous pouvons les observer depuis la France, comme la photo prise cette nuit dans le Morvan.