
La pose de panneaux solaire sur les plans d’eau se multiplie. La réponse à la question dépend du type d’installation. Sont-ils posés ou flottants ? La conséquence sur le réchauffement est alors très différente.
Les panneaux solaires produisent 15 W/m2 d’électricité, mais la chaleur qu’ils dégagent et le blocage de l’évaporation naturelle vont réchauffer l’atmosphère 6 fois plus que le gain apporté. Produire quelques heures de l’électricité, et simultanément supprimer les phénomènes naturels toute la journée n’est pas forcément bon pour la planète.
- Mettre un couvercle sur le bassin, comme le fait tout couvercle de casserole, va bloquer l’évaporation naturelle. 70 W/m2 du refroidissement dû à l’évaporation ne s’échappent plus.
- Le constituer avec des cellules photovoltaïques chauffant à 60 °C va faire apparaître une chaleur additionnelle émise sous forme de convection. Je vous laisse la calculer. Soit les panneaux réchauffent l’atmosphère, soit ils réchauffent le bassin.
Poser des feuilles de silice (aux mêmes propriétés thermiques que le sable sec, en pire) sur les plans d’eau, c’est créer un micro Sahara au sable noir. À la louche, le réchauffement induit est supérieur à 80 W/m2 supplémentaires soit 15 °C localement. On ne peut pas faire pire.
Une centrale flottante réagit mieux si les panneaux ne sont pas simplement posés sur l’eau, mais intégrés sur une persienne à claire-voie, laissant sortir l’évaporation du bassin. L’effet couvercle disparaît. Une telle installation à Piolenc dans le Vaucluse existe (23 GWh annoncés sur 17 hectares). Les panneaux ne bloquent que partiellement l’évaporation ; ils chauffent et dégagent un peu de chaleur par convection.
La nature est bien faite. Les plans d’eau sont un fantastique climatiseur de la planète. Ne les détruisons pas.
