
Pourquoi la température de la France a-t-elle monté brutalement à compter de 1990 beaucoup plus rapidement que la moyenne planétaire ? Que s’est-il passé au point d’entraîner un tel bouleversement ?
L’obligation de mettre en jachère des terres agricoles semble être une des principales causes. La diminution conséquente de l’évapotranspiration peut effectivement expliquer une telle hausse de température. La mise en jachère de 10 % des terres agricoles en Europe de 1990 à 2008 a été une mauvaise idée. Obligation de créer la jachère nue, sol travaillé régulièrement. Cette obligation a entraîné un échauffement local de température de 0,8 °C sur toute l’Europe.

35 ans après, les prairies sont revenues sur certaines parcelles, mais la qualité de pousse de l’herbe n’a jamais égalé la situation d’avant 1992. L’Irlande soumise aux mêmes traitements les a interrompus en 2008. Oh, surprise, sa température en hausse depuis 1990 est stabilisée depuis 2008. La température observée chaque année est directement liée à la surface des prairies.

Les grandes plaines américaines ont subi le même traitement dans les années 1930. La mécanisation à outrance a entraîné des nuages de poussière, le fameux « Dust Bowl ». Les températures de l’Oklahoma du Nebraska et du Texas se sont élevées du même montant de 0,8 °C pendant une dizaine d’années.

La compréhension des phénomènes en cause est une bonne nouvelle. Évitons un alarmisme inutile. Il suffit donc de replanter les prairies pour baisser la température de notre sol.
Prochain post : pourquoi une telle sécheresse ?

Votre article m’a remémoré l’hypothèse de chercheurs anglais, il y a quelques années, sur le petit âge de glace.
https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/comment-la-colonisation-des-ameriques-a-refroidi-le-climat_2062080.amp.html
Merci pour cette remarque. Elle est très intéressante. Bien que connaissant l’histoire, je n’avais jamais fait le lien avec le climat. Le retour de la forêt dans cette zone à cette époque a joué surtout un grand rôle pour le retour des pluies et de l’évaporation, un facteur beaucoup plus important probablement que d’absorber le CO2.
J’ai du mal à imaginer qu’à l’époque de Christophe Colomb, le taux de CO2 fut très éloigné des 270 ppm, sa moyenne sur le millénaire. Le siècle suivant, il ne pouvait pas descendre sous 200 ppm, la forêt n’aurait pas eu assez de carbone pour se développer. 200 ppm induit une baisse de température de 0,3 °C, insuffisante au regard de la baisse de température du petit Âge glaciaire.
Nous savons que ce dernier a été provoqué par une baisse de l’éclairement solaire. Les estimations que nous pouvons faire du changement d’éclairement solaire n’arrivent pas à expliquer à eux seuls le petit âge glaciaire (voir mon livre). Il n’est donc pas impossible que l’apport des nouvelles forêts y ait contribué aussi en recréant plus d’évaporation donc de refroidissement.
Je suis assez séduit par cette idée de la conjonction de la baisse de l’éclairement solaire et du retour simultané de la forêt en Amérique centrale.