
Les bassins de rétention sont sous les feux de l’actualité. L’année 2022 a permis une prise de conscience de l’impact catastrophique des sécheresses. Les causes en sont mal expliquées : le bétonnage de nos villes et de nos campagnes interdit à l’eau de pénétrer le sol, puis de s’évaporer et de refroidir l’atmosphère. Alors, l’eau pluviale rejoint les ruisseaux, les rivières et la mer.
La France ne manque pas d’eau. Simplement, elle la pilote mal. Elle ne retient pas les fortes précipitations et les encourage à se déverser dans l’océan. Dans certains départements, plus de 60 % des pluies s’écoulent directement dans la mer.
En Nouvelle-Aquitaine, il est prélevé (eau potable, industrielle, agricole et énergie) 1,5 Milliard de m3 par an soit 2,5 % des pluies. La question n’est pas la sobriété, mais le rejet excessif à la mer.
Le volume de la bassine de Sainte-Soline ne représente que 0,1 % du volume d’eau douce rejeté par la Sèvre niortaise dans la mer en une année. Le bassin versant rejette 75 % des pluies reçues alors qu’il ne faudrait jamais dépasser les 30 % ! Il est inondé dès qu’il pleut un peu fort et se retrouve à sec juste après. Chaque territoire a sa propre singularité : ici, le sous-sol calcaire ne retient pas l’eau. D’où la notion de réserve de substitution, mise en œuvre.
Les pluies ne proviennent pas uniquement de la mer, mais à 70 % de l’évapotranspiration et donc de la végétation. Oui, la végétation utilise 70 % des pluies, mais cette forte évapotranspiration est le moteur du cycle de l’eau.
Les bassins de rétention vont permettre de diminuer les prélèvements l’été. Le pompage sous le contrôle des autorités de bassin sera effectué l’hiver lorsque les nappes débordent. Quand la nappe n’est pas en excédent, le remplissage de la réserve sera interdit.
Substitution ne veut pas dire solution idéale. Si nous pouvions prendre conscience qu’imperméabiliser nos sols est la cause première de la sécheresse.
