De retour de l’Antarctique, je reviens impressionné par la quantité de glace posée sur la calotte glaciaire : des milliers de glaciers étendus sur une zone de 4 000 km de large, de 4 000 km de long et sur une épaisseur de 4 km. Je n’ai parcouru qu’un douzième de la circonférence. Nous voyons les strates de 50 années de précipitations de neige. Il faudra des milliers d’années et une énergie considérable pour faire fondre le pôle Sud (333 KJ/kg de glace). Une énergie sans commune mesure avec celle nécessaire pour faire fondre la banquise. Pour transformer en eau les milliers de glaciers de l’Antarctique, l’énergie nécessaire représente 200 000 ans du réchauffement actuel créé par le CO2. Aucun humain ne verra la fonte d’un millième des glaciers du pôle Sud, dans les cent prochaines années. À noter que la perte annuelle de masse de glace de l’Antarctique représente 1/200 000 de sa masse. Il faudra donc des dizaines de milliers d’années, avant que la Terre soit submergée par la fonte de ces glaciers.

Rapportée au volume des océans, cette fonte contribue à une hausse de 0,6 mm par an. D’autres facteurs (humidité atmosphérique, fluctuations des fonds sous-marins, dilatation des océans) noient dans le bruit de fond cet apport ; la hausse annuelle totale mesurée des océans n’a pas augmenté depuis 100 ans  de plus de 3 mm/an ; elle est d’une stabilité étonnante : elle ne bouge pas de plus d’un millionième de sa hauteur chaque année ! Il faut  comparer ces fluctuations aux variations journalières, hebdomadaires. Les pluies créent des fluctuations hebdomadaires de 15 mm du niveau des mers. Les vents de plusieurs mètres.

 L’Antarctique est donc un facteur d’inertie et de stabilité étonnant de la température du globe.