Pourquoi subissons-nous une telle sécheresse en France, supérieure au reste de la planète ?

La planète s’assèche, alors que beaucoup attendaient un accroissement de l’humidité, en réponse à la hausse des températures de l’air, sans tenir compte des échanges au sol.

En France et en Europe, la situation se révèle beaucoup plus inquiétante : l’humidité présentait un niveau important dans les années 70 ;  nous avions observé la vapeur d’eau en progression dans le haut de l’atmosphère, en réponse à l’échauffement de la température près du sol. Les précipitations dépassaient alors 2 mm/jour.

 L’humidité a brutalement chuté en 1990. La température a grimpé chez nous de 0,8 °C de plus que la moyenne planétaire, en réponse à une entrave à l’évapotranspiration des sols depuis 30 ans (voir l’article du 10 nov).  À partir des années 90, la baisse de l’évapotranspiration provoquée par la mise en place des jachères a entraîné un assèchement de la haute atmosphère de 10 % et une baisse brutale de la moitié des précipitations. Un rééquilibrage de l’humidité a eu lieu entre haute et basse atmosphère.

Aujourd’hui, les précipitations sont revenues à leur valeur de 1960, mais avec une température plus élevée, et donc une humidité relative plus faible. Nous subissons une sécheresse plus marquée que sur l’ensemble du globe.   Nous observons une réduction de 7 % de l’humidité relative au sol, et dans l’atmosphère. Le blocage de l’évapotranspiration au sol à partir de 1990 freine l’humidification de l’atmosphère, lui interdisant de rejoindre le niveau lié habituellement à l’augmentation de température.

La France ne manque pas d’eau. Simplement, elle la pilote mal. Elle ne sait pas retenir les fortes précipitations et les encourage à se déverser dans l’océan. Aujourd’hui, l’agriculture ne ponctionne pas plus de 2 % des eaux pluviales. Dans certains départements, plus de 60 % des pluies s’écoulent directement dans la mer. Gérons l’eau correctement en la contenant lors des averses, comme l’administraient nos grands-parents, par des réservoirs d’eau de pluie dans les jardins. Arrêtons de bétonner les territoires, supprimons les jachères au sol nu, et tout rentrera dans l’ordre : la température redescendra naturellement à ses niveaux antérieurs grâce à une évaporation non entravée.