Pourquoi subissons-nous une telle sécheresse ?

Les satellites de la NOAA nous renseignent sur les causes. Distinguons deux cas : la planète et l’Europe.

La Terre au niveau du sol a deux possibilités de refroidissement : l’océan, et l’atmosphère. Les deux n’ont pas la même inertie.

Si la température de l’atmosphère a augmenté de 0,9 °C de manière continue de 1960 à 2022, les océans ont emprunté un chemin différent. Ils ont décrit un parcours en V de 1 °C d’amplitude avec un minimum en 1988. La baisse de l’évaporation atmosphérique a accompagné la chute de la température des mers les plus influentes, jusqu’en 1990. S’en est suivi une diminution de l’humidité de l’atmosphère à haute altitude et une réduction des précipitations et de l’évaporation.

 À partir de 1990, la tendance s’est inversée. L’océan s’est réchauffé ; l’atmosphère s’est légèrement dilatée et réchauffée en altitude. Les précipitations qui avaient baissé jusqu’en 1985 remontent à la valeur observée en 1960, entraînant un dessèchement plus important en altitude. L’humidité relative de l’air diminue au niveau du sol de 2 % par rapport à 1960 ; elle s’effondre de 12 % à 3000 m et de 7 % 5000 m. La planète s’assèche encore plus à haute altitude. Le déboisement, l’artificialisation des sols contribuent à freiner l’évapotranspiration.

  Nous constatons une relation entre le retour de la vapeur d’eau et l’arrivée marquée de plusieurs épisodes El Niño/la Nina à partir de 1997. L’ensemble du Pacifique subit des oscillations de température plus chaotiques. La chaleur solaire qui s’évacue difficilement par évaporation lorsque le Pacifique est plus froid est transférée vers des latitudes plus élevées, créant localement une hausse de la température. Le niveau des précipitations augmente fortement au niveau de l’équateur depuis 2000.

Le cycle de l’eau essaie de contrer le réchauffement. Non seulement il n’a pas amplifié la hausse de température de l’air durant les 60 dernières années, mais il l’a atténuée, d’abord grâce à l’océan, ensuite par le refroidissement dû à l’évaporation. L’homme perturbe ce cycle au sol en accélérant le retour des pluies vers la mer, par des détournements maladroits (imperméabilisation des sols, déboisements massifs, jachères imposées, bétonisation des villes et des zones industrielles…). Brésil, Pakistan, Europe, Chine y contribuent. Ils bloquent l’évapotranspiration.

Notre planète s’assèche en altitude et localement au-dessus de certaines régions alors que beaucoup pensent que l’humidité augmente avec la température de l’air, sans tenir compte de l’évapotranspiration des sols et des océans.

À suivre prochain article : la sécheresse en France et en Europe


Pourquoi la température de la France a-t-elle monté brutalement à compter de 1990 beaucoup plus  rapidement que la moyenne planétaire ? Que s’est-il passé au point d’entraîner un tel bouleversement ?

L’obligation de mettre en jachère des terres agricoles semble être une des principales causes. La diminution conséquente de l’évapotranspiration peut effectivement expliquer une telle hausse de température. La mise en jachère de 10 % des terres agricoles en Europe de 1990 à 2008 a été une mauvaise idée. Obligation de créer la jachère nue, sol travaillé régulièrement. Cette obligation a entraîné un échauffement local de température de 0,8 °C sur toute l’Europe.

35 ans après, les prairies sont revenues sur certaines parcelles, mais la qualité de pousse de l’herbe n’a jamais égalé la situation d’avant 1992. L’Irlande soumise aux mêmes traitements les a interrompus en 2008. Oh, surprise, sa température en hausse depuis 1990 est stabilisée depuis 2008. La température  observée chaque année est directement liée à la surface des prairies.


Les grandes plaines américaines ont subi le même traitement dans les années 1930. La mécanisation à outrance a entraîné des nuages de poussière, le fameux « Dust Bowl ». Les températures de l’Oklahoma du Nebraska et du Texas se sont élevées du même montant de 0,8 °C pendant une dizaine d’années.

La compréhension des phénomènes en cause est une bonne nouvelle. Évitons un alarmisme inutile. Il suffit donc de replanter les prairies pour baisser la température de notre sol.

Prochain post : pourquoi une telle sécheresse ?